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Vers une relance du Soutien communautaire en logement social

En mars 2018, le gouvernement a mandaté la Société d’habitation du Québec (SHQ) pour qu’elle réalise une enquête sur les besoins des bénéficiaires du parc de logements subventionnés et coordonne la mise à jour du Cadre de référence sur le soutien communautaire en matière de logement social pour répondre aux besoins des locataires.

Les travaux semblent avancer, cependant le rehaussement du financement ne doit pas attendre la fin de ceux-ci : les besoins sont suffisamment clairs et criants et les impacts positifs suffisamment démontrés pour qu’un effort supplémentaire soit fait dès le prochain budget.

Dès avril 2018, les quatre principaux regroupements représentant les organismes qui travaillent à exploiter et à développer les ensembles de logement social et communautaire ont tenu un forum dans le cadre du colloque Parce que l’avenir nous habite du RQOH pour faire le point sur cette pratique. Au terme de l’exercice, ils ont adopté une déclaration commune demandant un rehaussement à hauteur de 30 millions $ du financement accordé par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour le soutien communautaire en logement social (SCLS) et réaffirmant leur appui aux principes définis dans le Cadre de référence.

En juin 2019, la SHQ et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ont réuni les partenaires du secteur et réactivé le comité national sur le SCLS, une demande réitérée à maintes reprises par le RQOH depuis 2015. La table est donc mise pour une relance de cette pratique, dont les impacts sont incontestables, mais qui souffre, de l’avis de tous les organismes et intervenant ·e·s sur le terrain, d’un important sous-financement.

Mais de quoi parle-t-on au juste?

Le SCLS est d’abord né d’une approche visant la stabilité résidentielle des personnes à risque d’itinérance. Le soutien communautaire s’est ensuite graduellement étendu et adapté aux ensembles de logements sociaux abritant des personnes seules, fragilisées ou en perte d’autonomie, les besoins de sécurité, de médiation et d’animation étant communs à une grande partie des locataires vulnérables.

Le Cadre de référence sur le soutien communautaire en logement social, adopté conjointement par le MSSS et la SHQ en 2007, le définit comme un ensemble d’actions qui peuvent aller de l’accueil à la référence, en passant par l’accompagnement auprès des services publics, la gestion des conflits entre locataires, l’intervention en situation de crise, l’intervention psychosociale, le soutien au comité de locataires et l’organisation communautaire. Il reconnaît une responsabilité partagée des réseaux de la santé et des services sociaux et de l’habitation sociale à l’égard de leur clientèle commune.

Les effets positifs du SCLS, maintes fois rapportés par les intervenant·e·s du milieu, sont nombreux : réduction de l’isolement; diminution et résolution des conflits entre locataires; meilleur accès aux services auprès d’organismes et du réseau de la santé; pression diminuée sur les gestionnaires des logements sociaux; diminution des plaintes des locataires et augmentation de leur qualité de vie; plus grande stabilité résidentielle des locataires ayant des besoins particuliers; effets préventifs diminuant la pression sur le réseau de la santé; création d’un réseau de soutien et un sentiment d’appartenance au milieu.

Les 30 millions de dollars supplémentaires demandés par les regroupements sont bien en deçà du montant de 1 200 $ par année par unité proposée par les ministres de la Santé et de l’Habitation en 2003 (il totaliserait quant à lui près de 200 M $) et le seuil plancher établi dans le Cadre de référence sur le soutien communautaire (340 $ par année par unité, ce qui ferait 50 M $). Le montant est établi en fonction de l’expérience terrain des partenaires et des recherches, consultations et analyses eff­ectuées auprès de nos membres par le passé. Il vise à s’assurer que tous les projets de logements sociaux et communautaires partout sur le territoire puissent assurer un soutien communautaire léger ou intensif à leurs locataires avec des ratios d’intervenants variables en fonction du soutien nécessaire.

Article paru dans le bulletin Le Réseau no 57 [1]