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La crise du logement à la une

Malgré les tentatives du gouvernement de la CAQ de nier le problème et s’en débarrasser, la crise du logement continue d’occuper le devant de la scène politique et médiatique. Qu’il s’agisse de la surchauffe du marché immobilier, de la rareté des logements locatifs disponibles, de la flambée des loyers ou des manœuvres de certains investisseurs pour évincer des locataires de longue date qui bénéficiaient encore d’un logement abordable, c’est tout le gouvernement qui est actuellement interpellé, tant par les partis d’opposition, les médias que les organisations qui luttent pour le droit au logement.

La veille de l’interpellation fortement médiatisée du premier ministre par la députée solidaire Manon Massé, lors de laquelle monsieur Legault a semblé sous-estimer le coût des loyers dans la région de Montréal, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, s’était retrouvé sous les feux de la rampe lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, sous le tir groupé des députées de l’opposition officielle. Cet échange peut être visionné en suivant ce lien, à partir de la 23e minute (23:19) : https://tinyurl.com/shr8jtxc [1].

Vendredi, la ministre a cru bon s’expliquer dans une lettre ouverte publiée par le quotidien Le Devoir : https://tinyurl.com/rt8sszs9 [2]. Ce texte, dans lequel madame Laforest fait par ailleurs porter le blâme des « rénovictions » sur les comités logement et associations de locataires, qui n’arrivent pas à défendre correctement les locataires « malgré les investissements massifs de près de 3 millions de dollars annuellement » que leur accorde le gouvernement, comporte par ailleurs une annonce hautement préoccupante pour le secteur du logement social et communautaire.

Pour la première fois en effet, la ministre confirme l’intention du gouvernement d’ouvrir le programme AccèsLogis aux promoteurs à but lucratif :

« Qu’on se le dise, ce qui nuit à une meilleure offre, c’est aussi le fait que la construction de logements locatifs abordables dans le marché privé a été ignorée par le passé. J’entends remédier à la situation. C’est donc pour cette raison que nous présenterons une ambitieuse formule 2.0 du programme AccèsLogis Québec, afin de rendre ce programme encore plus efficient, efficace et adapté à la réalité du terrain. »

Cette orientation, qui transpirait déjà dans la documentation partagée par le MAMH lors des récentes rencontres du « Grand Forum Habitation Québec » au mois de mars, semble donc avoir obtenu l’aval de la ministre. À quelles conditions les promoteurs privés auront-ils accès au programme AccèsLogis? N’auront-ils qu’à s’engager à offrir un certain nombre de logements dits « abordables » pendant une période de temps limitée, sans aucune garantie de pérennité – un peu comme c’est le cas pour la plupart des programmes de la Stratégie nationale sur le logement du gouvernement fédéral? Voilà quelques-unes des nombreuses questions que soulève cette approche et que le RQOH ne manquera pas de poser dans les prochaines semaines.

Au lendemain de la déclaration du premier ministre sur le prix des loyers à Montréal, le RQOH a assuré une présence soutenue auprès des médias régionaux. Notre directrice générale et porte-parole, Chantal Desfossés, a donné des entrevues sur les ondes du 107.7 FM Estrie (Cogeco), du 95.7 KYK Saguenay (Cogeco) et de ICI Première (Radio-Canada) Gatineau. Elle a également accordé une entrevue au Journal de Montréal, dans le cadre d’un grand reportage publié le 2 mai («Une crise qui traverse la province» [3]). Des interventions sont également planifiées pour les prochains jours sur les ondes d’ICI Première Mauricie et dans les pages du journal Le Quotidien de Ville Saguenay.