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Mon squat à moi
1 mai 2013

Mon squat à moi

Témoignage anonyme. Merci à Maxime Dubé, coordonnateur à l’intervention, Squat de Basse-Ville

Essoufflé, puis étouffé, par le manque de financement, le Squat Basse-Ville, un OSBL de Québec qui offrait depuis près de 10 ans de l’hébergement volontaire, temporaire et à long terme à des jeunes de 12 à 25 ans en difficulté, en plus de consulter et de guider dans leur réinsertion sociale des centaines d’enfants, a dû fermer ses portes, le 18 février dernier.

Peu de temps avant cet événement très médiatisé, une jeune résidante du Squat Basse-Ville a accepté de se confier à nous. Criant de vérité et sans détour, son courageux témoignage dénote l’importance d’un « chez-moi », et ce, même chez les très jeunes. Tout en rappelant le travail extraordinaire qui est effectué, chaque jour, par les intervenants, il lève le voile sur le manque de ressources et la situation précaire dans laquelle se trouvent de nombreux organismes communautaires.

Lorsque j’étais jeune, mon père me battait. Un jour, je suis allée me réfugier sur un parvis d’église. Une dame m’a trouvée et a contacté des policiers. Ceux-ci m’ont conduite au SQUAT Basse-Ville. J’avais 12 ans. Même si c’était ma première fois au Squat, j’ai tout de suite trouvé que c’était un endroit où je m’y sentais en sécurité et où les intervenants pouvaient me venir en aide. Par la suite, j’y suis allée, quelques fois, lorsque je fuguais de chez mon père ou, plus tard, du Centre jeunesse. Aussi, un peu plus vieille, je venais à l’occasion en visite et je prenais part aux activités du Squat, comme bénévole.

Malgré tout, avant d’habiter un des logements sociaux de l’organisme, ma vie était une horreur. J’étais dans la rue. Je n’avais pas d’endroit où habiter. J’ai été au Centre Jeunesse de 12 à 17 ans et avant mon placement, mon père me battait et me violait. Mon milieu familial était malsain. Je consommais plusieurs drogues : coke, pot, speed, etc. Puis, lorsque j’étais dans la rue, je consommais plusieurs drogues dures : crack et héroïne.

Depuis que j’habite un logement social au Squat Basse-Ville, ça va beaucoup mieux. Je fais des démarches pour retourner à l’école. Avant, je n’aurais pas cru cela possible! Je fais également des démarches concernant mon impulsivité. Je prends encore de la drogue, par moment, mais beaucoup moins régulièrement. Aujourd’hui, je me sens mieux dans ma peau. J’ai enfin un chez-moi.

Le SQUAT Basse-Ville est devenu une famille pour moi. On se soutient tous. Les intervenants sont, pour moi, plus que des intervenants. Je me sens en sécurité dans mon logement. Là-bas, je n’ai pas peur de me faire violer ou de me faire battre.

Le SQUAT Basse-Ville m’a sauvée la vie et m’a aidée à régler certaines problématiques, telles que la prostitution, la délinquance, etc. Il m’a retirée de la rue pour me donner la chance dont j’avais besoin pour m’en sortir.

Article paru dans le bulletin Le Réseau no 43

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