26 janvier 2023

Des actions pour préserver et étendre l’abordabilité du logement 

Le RQOH réagit à la publication du Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement

[Communiqué de presse, Montréal 26 janvier 2023] « Les données publiées ce matin par la SCHL sur l’état du marché locatif en 2022 confirment les informations que les organismes sans but lucratif d’habitation et les fédérations régionales nous rapportent sur le terrain. Le prix des loyers explose en même temps que les logements disponibles se font de plus en plus rares. Et on peut s’attendre à ce que la situation empire en 2023, avec la poussée inflationniste qui se maintient et la hausse des taux d’intérêt. » Tel est le constat fait par le directeur général du RQOH, André Castonguay, à la lecture du dernier Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. 

Parmi les données rapportées par la SCHL, le taux d’inoccupation des appartements d’initiative privée à l’échelle de la province est passé de 2,5 % en 2021 à 1,7 % en 2022. Rappelons que le taux généralement considéré comme étant équilibré se situe à 3 %. Sur l’île de Montréal, il a diminué de 3,7 % à 2,3 %, tandis qu’on enregistre un taux spectaculairement bas (0,9 %) dans les régions métropolitaines de recensement de Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay.   

Parmi les facteurs qui expliqueraient la rareté des logements disponibles, la SCHL mentionne la hausse de la migration nette et le retour des étudiants sur les campus. En rendant la transition vers l’accession à la propriété plus difficile et moins attrayante pour les locataires, la montée des taux hypothécaires contribuerait aussi à ce phénomène. 

Quant au coût du logement, on rapporte une augmentation de 5,2 % du loyer moyen en 2022, tous types de logements confondus. À certains endroits, les hausses sont beaucoup plus importantes : c’est le cas entre autres dans la RMR de Sherbrooke (8,8 %) et à Gatineau (10 %).  

Le rapport de la SCHL innove en présentant des données plus précises sur la différence entre la croissance moyenne des loyers des logements de deux chambres à coucher où les locataires sont restés les mêmes et de ceux qui ont changé de locataires. Dans les unités sans roulement de locataires, la variation moyenne du loyer d’une année à l’autre se chiffre à 3,6 %, alors qu’elle atteint 13,2 % là où il y a eu changement de locataires. La SCHL souligne que les locataires qui essaient d’entrer sur le marché ou de trouver un nouveau logement font ainsi face à des défis d’abordabilité accrus. 

« On voit bien qu’il est devenu de plus en plus difficile, voire impossible, de trouver un logement abordable parmi ceux qui sont disponibles à la location », selon André Castonguay, qui ajoute : « Les gouvernements du Québec et du Canada devraient s’inspirer du gouvernement de la Colombie-Britannique, qui vient de lancer un fonds de 500 millions de dollars pour permettre à des organismes sans but lucratif d’acheter des immeubles à logements dans le marché privé, là où les loyers sont encore abordables, afin de les préserver de la spéculation et des rénovictions. »  

Le porte-parole du RQOH se désole qu’il n’y ait actuellement aucune somme disponible pour déposer de nouveaux projets dans les programmes de logement social et communautaire existants, qu’il s’agisse d’AccèsLogis ou du PHAQ : « Le gouvernement du Québec doit remédier à la situation dès le prochain budget et allouer les montants nécessaires à la réalisation d’au moins 5 000 nouveaux logements sociaux et communautaires annuellement. » « Tant à Québec qu’à Ottawa », d’ajouter André Castonguay, « les ministres responsables de l’habitation, France-Élaine Duranceau et Ahmed Hussen, ont l’occasion de démontrer leur capacité à s’inspirer des meilleures pratiques, comme celle qui vient d’être implantée en Colombie-Britannique, afin de faire progresser la réalisation du droit au logement! » 

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À propos du RQOH. Le Réseau québécois des organismes sans but lucratif d’habitation (RQOH) est composé de 8 fédérations régionales qui représentent 1 200 organismes sans but lucratif d’habitation autonomes et indépendants des gouvernements. Sur l’ensemble du territoire québécois, ceux-ci offrent près de 55 000 logements. La mission du RQOH contribue à la reconnaissance, au développement et à la pérennité du mouvement des organismes communautaires d’habitation à but non lucratif ainsi qu’au droit au logement et à l’amélioration des conditions d’habitation des Québécois.es. 

Source Claude Rioux
Réseau québécois des OSBL d’habitation
Responsable des communications
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