info@rqoh.com   514 846-0163 | sans frais 1 866 846-0163
Un projet novateur pour l’Équipe itinérance de Trois-Rivières
5 mars 2012

Un projet novateur pour l’Équipe itinérance de Trois-Rivières

Guy Gagnon, ami de la Fédération. Fédération régionale des OSBL d’habitation de Mauricie, Centre-du-Québec et Michel Simard, directeur général. Centre Le Havre de Trois-Rivières

Ce projet provient d’une préoccupation commune d’établissements publics (Domrémy Mauricie/Centre-du- Québec, le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières [CHRTR] et le CSSS de Trois-Rivières) et d’organismes communautaires (Centre Le Havre de Trois-Rivières et Point De Rue) à l’égard de la clientèle en rupture sociale sur le territoire de Trois-Rivières.

Au cours des vingt dernières années, la clientèle vulnérabilisée par la désaffiliation sociale qui se retrouve en situation de rupture sociale ne cesse de croître et de s’élargir à Trois-Rivières. Au début des années 90, le nombre de personnes qui faisait des demandes d’hébergement d’urgence se situait autour de 200 par année et c’était presque exclusivement des hommes. Aujourd’hui, le nombre des personnes qui a fait des demandes d’hébergement d’urgence au Centre Le Havre atteint 1 200 par année. De ce nombre, on retrouve désormais beaucoup plus de femmes et de personnes âgées.

Une pression accrue sur l’ensemble des services

Cette croissance exerce une pression considérable sur les structures d’accueil de première ligne, tant sur les réseaux publics que communautaires. Les problèmes liés à cette croissance ne relèvent pas tous du réseau de la santé, ne pouvant donc pas être réglés et pris en charge par cette sphère.

La clientèle qui présente le niveau de désaffiliation le plus élevé souffre de troubles concomitants de santé mentale et de dépendance. Lorsque l’on regarde de près cette clientèle (soit près de 20 % de celle qui fait des demandes d’hébergement d’urgence), on se rend compte d’une caractéristique commune : presque l’ensemble souffre des troubles concomitants de santé mentale et de dépendance. C’est une clientèle très vulnérabilisée qui requiert des services multiples et continus.

L’expérience que nous avons ainsi que l’ensemble des études autour de cette clientèle démontrent que les modalités traditionnelles d’offre de services et de pratiques ne donnent que très peu de résultats avec cette clientèle. La désaffiliation se chronicise, la santé des individus se détériore rapidement et la fréquence d’utilisation des services d’urgence augmente, sans aucun résultat significatif.

Rien n’indique que cette tendance va s’inverser et que nous allons revenir aux conditions antérieures aux années 1990.

 Pour atteindre des résultats significatifs, nous proposons un projet concerté entre des partenaires des réseaux publics (CHRTR, CSSS de Trois-Rivières et Domrémy Mauricie/Centre-du-Québec) et des réseaux communautaires (Centre Le Havre et Point De Rue sur le territoire. Il s’agit de former une équipe d’intervenants mobiles provenant de ces divers organismes afin d’assurer la coordination des services — lorsque nécessaire — et le suivi de la clientèle en situation de rupture sociale ou à risque de l’être, sur le territoire de Trois-Rivières. Les objectifs sont d’améliorer l’accessibilité et la continuité des services, de freiner le développement de la judiciarisation et des problèmes qui y sont associés ainsi que de faciliter l’accès et le maintien en logement. L’approche priorisée est celle d’aller vers les gens, là où ils sont, de les maintenir à l’intérieur d’un lien et de les orienter vers l’établissement d’un chez-soi.

Déjà, nous constatons des résultats préliminaires : près de 80 dossiers sont présentement actifs, un maintien en logement des personnes, une diminution de l’hébergement d’urgence, un accès plus rapide aux services du réseau, une diminution des méfaits reliés à la consommation, une meilleure collaboration entre les réseaux publics et communautaires, etc.

AILLEURS DANS LA RÉGION

Une maison de chambres sauvée de justesse

Grâce au dynamisme du Centre Le Havre, un centre d’hébergement d’urgence social, et de sa rapidité d’exécution, une maison de 24 chambres a été sauvée des promoteurs qui voulaient la transformer en bureaux.

Le tout s’est déroulé en 7 semaines. Le financement a été possible grâce à l’appui de garantie d’une partie du prêt par Investissement Québec et le reste du financement a été complété par Desjardins.

Cette ressource servira de lieu de stabilisation pour une préparation à l’insertion dans un logement communautaire ou régulier.

Article paru dans le bulletin Le Réseau no 39

Imprimez cet article Imprimez cet article

Les commentaires sont fermés.