- Réseau québécois des OSBL d'habitation - https://rqoh.com -

Une série de nouveaux logements sociaux voit le jour

Comme organisation qui réclame jour après jour la construction de nouveaux logements sociaux, ne boudons pas notre plaisir d’en voir construire un peu partout au Québec ces semaines-ci.

Montréal-Nord

Au rang des projets, le Phoenix de Montréal-Nord est actuellement en construction et pourra accueillir ses nouveaux locataires au printemps 2022. Il comprend un total impressionnant de 101 logements abordables destinés à des familles et à des personnes seules. L’immeuble de 10 étages se trouvera à l’angle du boulevard Pie-IX et de la rue Larin. L’OSBL d’habitation Logisplus, constitué en 2015 à l’initiative du Centre communautaire multiethnique de Montréal-Nord et dont c’est le premier projet, est accompagné par le groupe de ressources techniques ROMEL.

Le chantier représente un investissement de plus de 25 M$, entre subvention d’AccèsLogis et garantie de prêt hypothécaire de la SHQ en passant par la Ville de Montréal et son Fonds du logement social. Montréal-Nord figure parmi les secteurs urbains où le déficit de logements sociaux et communautaires se fait le plus sentir.

À l’été 2020, deux campements de fortune regroupant des personnes sans-logis avaient vu le jour dans le quartier, d’abord derrière la bibliothèque Henri-Bourassa, puis au dépôt à neige de la rue de Charleroi. Cela avait rendu visible un phénomène sur lequel le Comité logement de Montréal-Nord tentait d’attirer le feu des projecteurs. « Ça fait des années qu’on dit qu’il y a des gens en situation d’itinérance à Montréal-Nord, mais c’était plus caché, comme des personnes qui dorment chez des amis, dans des parcs », avait expliqué l’organisatrice communautaire Marie-Ève Lemire au journal Métro [1] au mois d’octobre dernier. La construction de 101 nouveaux logements est certes un pas dans la bonne direction, mais des efforts colossaux sont encore nécessaires.

Témiscouata, Bas-Saint-Laurent

 Dix nouveaux logements viennent s’ajouter ce mois-ci à la Villa Saint-Honoré, qui abrite déjà 20 logements occupés par des personnes aînées en légère perte d’autonomie. L’agrandissement dans un nouvel immeuble adjacent au premier viendra donner plus d’options aux habitant·es de Saint-Honoré-de-Témiscouata, où vivent 740 personnes. « Le nouveau projet permettra à des personnes d’ici et des villages environnants de demeurer sur place plutôt que de déménager à Rivière-du-Loup ou à Trois-Pistoles », avait déclaré Huguette Dubé, qui dirige le projet, lorsque le RQOH l’avait interrogé à ce sujet en mars 2020. Les logements sont déjà occupés par leurs nouveaux locataires.

La Villa Saint-Honoré est membre de la Fédération des OSBL d’habitation du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles (FOHBGI). Nous avons publié en 2018 un portrait de cet organisme : https://rqoh.com/portraits-du-logement-communautaire/villa-saint-honore-saint-honore-de-temiscouata/ [2]

Logements pour Autochtones à Montréal

À l’initiative du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, un ancien bain du sud-ouest de Montréal va être reconverti en logements sociaux pour femmes autochtones. Le bâtiment patrimonial construit en 1914, une fois entièrement rénové, va abriter 23 logements sociaux, destinés à des personnes seules et à des familles.

Le coût de réalisation du projet, estimé à 11,65 millions de dollars, sera financé grâce au programme AccèsLogis, un partenariat entre le gouvernement québécois et la Ville de Montréal. Les travaux seront réalisés par Bâtir son quartier qui, depuis 40 ans, coordonne la réalisation de logements communautaires.

Situé dans la Petite-Bourgogne tout près du métro Georges-Vanier, le bâtiment sera à un jet de pierre de Résilience Montréal, un refuge pour personnes sans-abri géré par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal. Du personnel de soutien pourra être disponible pour les résident·es : psychologue, thérapeute, intervenant en toxicomanie.

Le projet est annoncé au moment où la communauté est sous le choc de la nouvelle de la mort, le 17 janvier, dans des conditions atroces, de Raphaël André, un Innu de 51 ans qui s’était réfugié dans une toilette chimique à quelques pas de l’organisme La Porte Ouverte où il avait l’habitude de loger.