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Un projet intergénérationnel pour des aînés branchés
9 mai 2017

Un projet intergénérationnel pour des aînés branchés

Développer les habiletés des aînés dans la maîtrise des technologies de l’information et des télécommunications ? Léguer aux jeunes des savoirs ancestraux ou artisanaux ? C’est le défi relevé par un OSBL d’habitation pour aînés, qui s’inscrit au cœur d’une dynamique de revitalisation à Saint-André-de-Kamouraska.

Le Domaine les pèlerins, un organisme du comté de Kamouraska qui existe depuis bientôt 30 ans, s’est vu accorder un soutien financier important du gouvernement du Québec pour faciliter le transfert de connaissance et d’habileté entre les générations. Le projet a une portée qui dépasse la résidence de 50 logements, car il s’adresse aussi aux aînés de tout Saint-André, un village de 500 habitants déjà inscrit dans la démarche « Municipalité amie des aînés » (MADA).

Le projet intergénérationnel permettra aux personnes aînées de bénéficier d’un accès WI-FI gratuit et de tablettes électroniques de type Ipad. Les jeunes du village seront mobilisés pour les former au maniement des appareils et de leurs applications. Le tout financé grâce à un apport du programme Québec ami des aînés (QADA).

À l’annonce de la mise en branle du projet, « la réaction des résidents et des résidentes a été mitigée », raconte la directrice générale du Domaine les pèlerins Katerine Michaud, jointe au téléphone. « Ceux et celles qui sont plus habituées aux nouvelles technologies étaient enthousiastes, les autres ont conservé une certaine réserve, une réaction prudente. C’est une grosse bête à apprivoiser, mais nous leur avons promis de la formation, du coaching et la présence des jeunes pour les aider. »

Garder le contact avec la famille et les proches, dans les milieux ruraux, est plus difficile qu’on ne le croit généralement. Parfois les enfants et les petits enfants sont loin et ne viennent pas souvent. D’où l’importance grandissante pour les aînés de maîtriser les logiciels, comme Skype ou Facetime, qui permettent de passer des appels téléphoniques ou vidéo via Internet, ainsi que le partage d’écran, la messagerie instantanée, etc.

Les villages et leurs habitants doivent également faire face à la dévitalisation et aux défaillances provoquées par le départ de certaines institutions tels le bureau de poste, la caisse Desjardins, les magasins de vente au détail, etc. Dans ce contexte, pour les personnes aînées, consulter leurs affaires financières et faire des opérations bancaires peuvent relever du casse-tête. Le savoir-faire dans le maniement d’une tablette et des applications permettant d’accéder au solde d’un compte de banque et de faire quelques achats s’avère très important. Le projet vise également à offrir une solution de rechange aux aînés pour qui la disparition progressive des journaux et magazine imprimé pose de sérieux problèmes d’accès à l’information.

Pour favoriser le maillage intergénérationnel, les jeunes du village aideront donc les personnes aînées à acquérir des habiletés dans la lecture des quotidiens en ligne, la navigation dans les sites d’information, dans les jeux et les loisirs en ligne (solitaires, échecs, mots croisés, etc.). Il ne s’agit pas seulement de les « occuper », mais aussi de leur permettre de mener à bien certaines tâches.

L’échange est au cœur du projet, puisque les hommes et les femmes aînées transmettront aux jeunes des savoirs ancestraux et artisanaux utiles à la confection ou à la réparation d’objets ou de vêtements, à l’utilisation d’une machine à coudre, au tissage et au tressage, à la préparation de repas bon marché, à la fabrication du pain, au jardinage et à l’horticulture, etc.

Une opportunité de financement pour les organismes

Non seulement une initiative comme celle-ci permet de contribuer au bien-être matériel et moral des résidentes et des résidents, de leurs proches, de leurs voisins et des jeunes de la communauté, elle peut aussi assurer à des groupes, grâce à des subventions, une autre source de financement.

« Les groupes ont souvent davantage d’expertise et de ressources qu’ils ne le soupçonnent pour mener à bien des projets dynamiques et s’assurer un financement autonome, affirme Gervais Darisse, président du Domaine les pèlerins et président de la Fédération régionale des OSBL d’habitation, dont est membre l’organisme qui a obtenu la subvention. Le savoir-faire des gestionnaires, des bénévoles et des locataires peut être mis à profit, de même que leurs installations, leurs équipements, leurs terrains. »

Dans le cas du programme QADA, les projets locaux peuvent se voir accorder une enveloppe allant jusqu’à 75 000 $ tandis que les projets à portée régionale peuvent atteindre 150 000 $.

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