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Être agressée sexuellement chez soi : moins rare qu’on ne le pense
22 juin 2017

Être agressée sexuellement chez soi : moins rare qu’on ne le pense

Hier, le musée éphémère exposant les violences sexuelles vécues par plus d’une centaine de femmes locataires, était à Châteauguay. Ce musée, composé d’objets et de décors représentant l’enfer vécu par des survivantes d’agressions, a attiré 125 personnes de la Rive Sud, et plus de 400 lors de ses déplacements à travers le Québec. Selon les données des CALACS, au moins huit victimes d’agressions sexuelles sur dix connaissent leur agresseur. Dans ce cas, il s’agit de voisins, concierges, co-chambreurs ou propriétaires.

« Pour commencer, je vous invite à passer à travers cette porte, qui symbolise votre entrée dans l’univers de femmes qui ont subi du harcèlement et des agressions dans leur milieu de vie » explique l’une des guides du musée à un petit groupe de visiteurs. Passant d’une représentation à une autre (une douche, un mètre à mesurer, une toile d’araignée géante…), les intervenantes utilisent l’art comme mode d’expression pour libérer la parole des survivantes.

« Quand mon concierge vient faire des réparations, il me fait toujours des propositions indécentes, il me fait peur; un jour je sortais de la douche, j’étais nue, mon proprio était rentrée, il devait réparer une lumière dans la cuisine; quand j’étais étudiante je vivais sur le campus, j’ai été agressée dans la salle de lavage ». Plus de cent témoignages ont été recueillis ces trois dernières années par le Centre d’éducation et d’action des femmes (CEAF) qui, constatant l’ampleur du phénomène, a lancé une campagne visant à dénoncer les agressions et le harcèlement vécus au sein du domicile. La majorité de ces femmes en parlaient alors pour la toute première fois. À l’origine désirant travailler sur « femmes et logement » sans réelles précisions, le sujet des violences s’est imposé de lui-même au comité.

« Il n’y a pas de profil-type, toutes les femmes peuvent vivre une agression ou du harcèlement sexuels, explique Julie Leblanc du CEAF. Cependant, les femmes qui nous ont fait confiance et partagé leur expérience sont généralement isolées et précarisées, et ont donc peu de moyens pour dénoncer ou remédier à la situation. » Déjà passée à Sherbrooke, Rimouski et Châteauguay, la tournée du musée s’arrêtera à Trois-Rivières le 26 juin (de 11h à 17h au 1060 Rue Saint François Xavier).

Le RQOH soutient la campagne et souhaite prévenir les violences et le harcèlement pouvant être vécus par les femmes locataires en OSBL d’habitation. « Les espaces communs (salle communautaire, buanderie, cuisine et corridor) sont souvent des lieux de harcèlement et d’agressions pour les femmes vivant en maison de chambre, en résidence et en logement social » relate Mme Leblanc.

Le RQOH publiera à l’automne un guide rassemblant les initiatives pouvant être mises en place dans les organismes communautaires d’habitation. Il sera complété par les ressources et des informations sur le sujet des violences, notamment sexuelles et conjugales.

En savoir plus sur les femmes en OSBL d’habitation

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