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Violence conjugale : il faut un meilleur financement de l’hébergement post-séparation
5 octobre 2017

Violence conjugale : il faut un meilleur financement de l’hébergement post-séparation

Moins de la moitié des maisons d’hébergement de 2e étape (MH2) pour femmes et enfants victimes de violence conjugale reçoivent un financement récurrent, dont le montant est à peine suffisant pour couvrir les besoins. C’est ce que révèle le cadre de référence présenté aujourd’hui lors du colloque « Enjeux de l’hébergement post-séparation », organisé par L’Alliance, le regroupement provincial des MH2.

« Le problème, c’est que les ressources disponibles sont insuffisantes, et en plus elles varient d’une maison à l’autre, explique la coordonnatrice de L’Alliance Gaëlle Fedida. Seulement 5 maisons sur 13 reçoivent actuellement une allocation logement, qui varie  de 9 302 $ annuels par logement sur la Côte-Nord à 18 847 $ pour une maison à Montréal. Et pourtant, les besoins sont criants : un montant de 32 000$ serait nécessaire pour assurer les services spécialisés de soutien, d’intervention et d’accompagnement. »

Accueillant quelque 400 femmes et enfants, les MH2 du Québec permettent de répondre aux besoins des femmes qui décident de quitter définitivement leur conjoint violent, grâce à des logements sécuritaires et une gamme de services spécialisées. La durée moyenne de séjour est de 9 mois. Cependant, une analyse des besoins effectués en 2016 révèle qu’il manque au moins 100 logements transitoires au Québec pour soutenir ces femmes et ces enfants.

« Ce n’est pas parce qu’une femme met fin à la relation conjugale que la violence cesse pour autant » continue Mme Fedida. D’après Statistique Canada, le moment où une femme violentée court le plus grand danger est lorsqu’elle tente de quitter son agresseur, et environ 25 % de toutes les femmes qui sont tuées par leur conjoint le sont après la séparation du couple.

À cause de leur sous-financement, près de la moitié des membres de L’Alliance dépendent du support d’une maison d’hébergement de courte durée pour les services d’intervention, telle la maison Libère-Elles en Outaouais (membre du ROHSCO). « Toutes les femmes en difficulté que nous hébergeons ont vécu des épisodes de violences dans leur vie, affirme la directrice Céline Lefebvre, qui est membre du comité Femmes du RQOH. En Outaouais, comme partout, les besoins sont énormes, on le voit au quotidien. Pourtant, il n’y a aucune maison de 2e étape dans cette région pour l’instant. »

Des représentantes de la Société d’habitation du Québec (SHQ) et du Ministère de la santé et des services sociaux étaient présentes à l’événement. Les MH2 et L’Alliance demandent au gouvernement québécois :

  • D’assurer un continuum de services aux femmes violentées dans un contexte conjugal et à leurs enfants, ce qui implique le financement pérenne des MH2 :
    • 32 000 $ par logement pour des services psychosociaux adéquat, incluant un service jeunesse
    • L’adoption par la SHQ d’un cadre (programme) de financement pour assurer la pérennité des bâtiments à long terme
  • De doubler les places disponibles (passer de 100 à 200 places) en hébergement de 2e étape au Québec pour améliorer équitablement l’accessibilité aux services post-séparation
  • D’harmoniser les conventions d’exploitation des bâtiments avec la SHQ, afin de garantir l’accessibilité financière à toutes les femmes
  • De mettre en place une instance de concertation provinciale en violence conjugale
  • De procéder à une analyse différenciée selon les sexes (ADS) dans le cadre des programmes concernant l’itinérance
  • D’accréditer l’Alliance au PSOC et de lui accorder un financement récurrent à sa mission en santé et services sociaux

Des membres du RQOH sont aussi membres de L’Alliance, telle la Maison Anita-Lebel à Baie Comeau, membre de la FROH.

Découvrez notre dossier « Femmes en OSBL d’habitation »

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