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LA MAISON ANITA-LEBEL

UNE MAISON PAS COMME LES AUTRES

La Maison Anita-Lebel de Baie-Comeau n’est pas une maison comme les autres, loin de là. Elle accueille des femmes victimes de violence conjugale qui sont à l’étape de réorganiser leur vie et qui ont besoin d’un hébergement pouvant aller jusqu’à 12 mois.

Ces femmes, avec ou sans enfant, proviennent du territoire compris entre Tadoussac et Baie-Trinité, séparé par 300 kilomètres. « Une femme vient ici pour obtenir le plus d’outils possibles afin d’être capable de fonctionner seule en appartement et surtout, pour qu’elle ne revive plus jamais la violence conjugale », souligne la coordonnatrice et véritable femme-orchestre de la Maison Anita-Lebel, Suzie Levasseur.

Localité Ville de Baie-Comeau, 22 000 habitants
Fondation 1996 (ouverture en 1999)
Nombre d'unités 8 logements dont 31/2, 41/2 et 51/2
Clientèle visée Femmes victimes de violence conjugale, avec ou sans enfants
Employés 2
Web maisonanitalebel.org
Partenaires financiers SHQ, PSOC du MSSS, ville de Baie-Comeau
Fédération FROH

L’idée de la Maison Anita-Lebel remonte au milieu des années 90, alors que les intervenantes de la Maison des femmes de Baie-Comeau, qui offre de l’hébergement de courte durée, ont constaté qu’il manquait un service essentiel : une maison dite de deuxième étape.

« Les femmes arrivaient en maison d’hébergement, en situation d’urgence, elles étaient là environ un mois et il n’y avait plus rien après »
– Suzie Levasseur, coordonatrice

portraits_anita3_rondes« Plusieurs femmes, faute d’alternatives, devaient retourner avec le conjoint violent. Il fallait absolument trouver une ressource pour rebâtir leur confiance et leur estime de soi, ainsi que leur donner les moyens de devenir autonomes financièrement et émotionnellement. »

Il aura fallu un drame pour ouvrir les yeux de tous à l‘importance d’une telle ressource. Le 9 septembre 1996, la Baie-Comoise Françoise Lirette et son fils ont été assassinés par l’ex-conjoint violent qui s’est ensuite suicidé. Le meurtrier avait pourtant déclaré publiquement qu’il poserait un tel geste, mais personne n’a su intervenir pour l’en empêcher.

« Dès cet événement, la communauté s’est mobilisée autour du projet. C’est vraiment le projet de la communauté, la Maison Anita-Lebel », assure la coordonnatrice. « J’ai travaillé dans d’autres organismes et je n’ai jamais vu ça, une telle mobilisation pour refaire et rénover l’immeuble, meubler les appartements. Entreprises, organismes, citoyens se sont mobilisés et la Ville de Baie-Comeau a cédé l’édifice pour 1 dollar. »

L’expression « faire des pieds et des mains » n’est pas galvaudée dans le cas de la Maison Anita-Lebel, qui accomplit de petits miracles avec un mince budget avoisinant les 125 000 $ par année pour à la fois gérer un immeuble de huit logements et offrir des services spécialisés en violence conjugale.

« Le problème pour les maisons d’hébergement de deuxième étape, c’est qu’on « fitte » dans aucune case au niveau du financement »

« On n’a pas le choix de s’organiser, de trouver du financement ponctuel au besoin. On espère bien avoir un jour un budget adéquat. »

Les femmes qui vont à la Maison Anita-Lebel, en moyenne une quinzaine par année, obtiennent un refuge et la chance d’un nouveau départ. En contrepartie, elles doivent accepter au minimum le cheminement proposé, soit une rencontre de groupe et un suivi individuel par mois, acquérir leur autonomie et respecter le code de vie.

« En dehors de la maison, les femmes ont beaucoup de démarches à faire. On les accompagne là-dedans »
– Suzie Levasseur, coordonatrice

« Ça a l’air simple pour la plupart d’entre nous, mais les femmes qui viennent ici doivent payer leur loyer. Ça aussi, ça fait partie de l’autonomie. Il y a des femmes qui arrivent ici et qui n’ont jamais eu de compte en banque. Des fois, on part de loin. »

Les femmes et les enfants qui le désirent peuvent profiter de la salle commune, qui dispose d’un service Internet, de plusieurs livres, de DVD et de jeux vidéo.

« L’utilisation de la salle commune et les activités qu’on y propose permettent aux femmes de briser la déprime ou le cycle de l’isolement »

D’autre part, les résidentes ne peuvent recevoir aucun homme à moins qu’il ne soit de la famille immédiate.
« Ici, c’est leur cocon, l’endroit pour se réfugier. Les femmes doivent apprendre à vivre seules », répète la coordonnatrice. Quant au code de vie, il exige entre autres des résidentes qu’elles ne soient pas en crise suicidaire et qu’elles ne consomment ni alcool ni drogue dans l’appartement.

portraits_anita2_rondesCette sécurité entraîne donc une certaine confidentialité, essentielle à la protection des femmes qui pourraient être menacées. Ainsi, il est impossible de photographier les résidentes.

Pour la petite histoire, il faut savoir que la véritable Anita Lebel, une citoyenne de Baie-Comeau, a fait office de précurseur. Durant les années 70, où il n’y avait évidemment pas de services du genre, Mme Lebel recueillait chez elle femmes et enfants victimes de violence conjugale, tout simplement pour venir en aide à son prochain.

« Elle les logeait, les nourrissait pour qu’elles reprennent leur souffle avant de partir dans leurs familles ou se réorganiser ailleurs, pour qu’elles volent de leurs propres ailes », conclut Suzie Levasseur, évidemment admiratrice de l’œuvre d’Anita Lebel.