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En Abitibi et au Témiscamingue : des besoins… et des projets !

« L’importance de développer de nouveaux logements communautaires, et de maintenir dans le secteur non lucratif les projets déjà réalisés se fait de plus en plus pressante en Abitibi et au Témiscamingue. » C’est la constatation qu’a faite Stéphan Corriveau, le directeur général du RQOH, au vu des dernières données disponibles sur le logement dans le secteur. En effet, les chiffres du recensement de 2016 de Statistique Canada indiquent, pour la circonscription fédérale d’Abitibi-Témiscamingue, un taux de logements inadéquats (c’est-à-dire ayant besoin de réparations majeures) de 8,7 %. Ce taux se situe à 6,4 % pour l’ensemble du Québec. Quant au taux de logements locatifs non abordables, il grimpe à 28,7 %.

« Il s’agit de tendances lourdes, car il y a un bon moment que nous nous inquiétons de la situation », de préciser M. Corriveau. Le RQOH notait il y a peu que dans la municipalité de Val-d’Or, 505 ménages locataires (soit 10 % de l’ensemble) consacrent plus de 50 % de leur revenu pour payer le loyer. « Ces foyers sont directement touchés par la crise du logement qui persiste dans cette municipalité. »

En matière de logement, la région de l’Abitibi-Témiscamingue se caractérise par des taux d’inoccupation largement inférieurs à la moyenne québécoise et un marché défavorable aux locataires à faible revenu. Dans la municipalité d’Amos, le taux d’inoccupation se chiffre actuellement à 2,6 %, à comparer à 4,4 % à l’échelle nationale. Pour les logements de plus petite taille, il est pratiquement nul.

En septembre 2017, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) tirait la sonnette d’alarme en parlant d’une pénurie de logements sociaux et communautaires. Véronique Laflamme, la porte-parole du groupe, disait alors : « Au Québec, il y a 11 % du parc de logements locatifs qui est du logement social. C’est insuffisant […] En Abitibi-Témiscamingue, c’est un petit peu plus de 7 %, donc, encore moins que dans l’ensemble de la province1 [1]. »

Plus tôt ce mois-ci, Radio-Canada2 [2] rapportait qu’une centaine de personnes ayant un problème de santé mentale attendaient pour obtenir un logement social à Rouyn-Noranda. L’article citait Bruno Bisson, le directeur général de l’OSBL œuvrant auprès des personnes souffrant d’un problème de santé mentale Le Pont de Rouyn-Noranda, faisant état du travail des intervenants dans le quartier. Les 25 nouvelles places de la Maison Martin-Bradley, inaugurées en mai 2017, ne suffisent pas à répondre aux besoins.

« Au Témiscamingue aussi les besoins sont importants », nous dit Pierre Bérubé, le gestionnaire bénévole des Résidences Temiscaming. « Dans tout le sud de notre région, il y a très peu d’offre pour les personnes âgées qui ne sont ni complètement autonomes ni à la recherche d’une place en CHSLD. C’est d’ailleurs ce besoin-là que nous voulons combler. Les gens n’auront plus besoin de s’exiler ».

Le groupe communautaire en logement travaille à la réalisation d’une troisième phase à rattacher à celles existant déjà à Temiscaming. Le projet « offrira tous les services », précise M. Bérubé, aux résidents et résidentes de 13 chambres et de 8 appartements.

Signe que le programme AccèsLogis dans sa mouture actuelle est complètement déconnecté de la réalité, le projet sera développé hors programme. « Pour aller de l’avant avec la SHQ, il aurait fallu que la communauté contribue jusqu’à hauteur de 40 % du coût du projet, ce qui est impensable pour une communauté de 2400 habitants », dit M. Bérubé. Ce dernier a plutôt mis sur pied un montage financier impliquant la SCHL, le Mouvement Desjardins, la Ville de Témiscaming et la MRC de Témiscamingue. Il ne manque d’ailleurs que le montant exact de la contribution de ces deux dernières entités pour mettre la touche finale au montage financier et lancer officiellement le projet.

« Heureusement qu’il y a des personnes bénévoles dévouées sur le terrain pour lancer des projets novateurs », de conclure M. Corriveau. « Bien sûr, parfois il y a de l’essoufflement, et c’est pour cela qu’existe le Réseau au niveau national. »

Le portrait de quelques OSBL-H de la région :

Table de concertation pour personnes âgées du Témiscamingue

Centre d’amitié autochtone de Val d’Or

La Bastide des aînés de Rouyn

La Société de logements des vétérans de Rouyn-Noranda

Photo Mathieu Dupuis