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RÉSIDENCE GÉRARD-BLANCHET

L’EXEMPLE D’UNE COLLECTIVITÉ QUI INNOVE POUR SES AÎNÉS

Avant 2012, il était presque impossible pour les personnes âgées semi-autonomes de Desbiens de trouver un logement répondant à leurs besoins. Durant huit ans, des citoyens se sont organisés, de concert avec les autorités municipales, pour voir la construction du premier immeuble à logements multiples au Québec à être entièrement construit à partir de panneaux de bois lamellé-croisé. Depuis six ans, l’OSBL d’habitation offre 20 logements avec services et répond à une nécessité de plus en plus criante.

Localité Ville de Desbiens, 1062 habitants
Fondation 2012
Nombre d'unités 20 dont 10 subventionnés pour résidents à faible revenu
Clientèle visée Personnes âgées de 75 ans et plus, semi-autonomes (50% à faible revenu)
Partenaires financiers Municipalité de la ville de Desbiens, SCHL, SHQ
Fédération FROH

Située à l’est de Roberval, à l’embouchure de la rivière Métabetchouane, la ville de Desbiens est sise sur le lieu où, en 1647, le père jésuite Jean de Quen est devenu le premier Européen à voir le majestueux lac Saint-Jean. De nos jours, la municipalité compte un peu plus de 1000 habitants.

En 2004, la ville organise une grande consultation populaire pour connaître les besoins prioritaires des citoyens et des citoyennes. Le résultat est clair, les gens souhaitent d’abord des logements spécialisés pour les personnes âgées de 75 ans et plus. Après bien des hauts et des bas, ce projet de 3,2 millions de dollars s’illustre comme un bel exemple de persévérance et d’innovation architecturale au Québec. Seule résidence pour personnes âgées de la municipalité de Desbiens, elle ne suffit pas à la demande. Depuis sa fondation en 2012, il n’y a jamais eu de déménagement et 25 noms figurent sur une liste d’attente !

 

« On est comme une famille ici. Parfois, sur l’heure du dîner, c’est cacophonique tellement les gens se parlent. »
– Rachelle Lapointe, résidente

La résidence, qui est certifiée, offre 20 logements avec balcon et échangeur d’air individuel. Ce sont tous des 3 ½ d’environ 720 pieds carrés à 625 $ par mois. La moitié des logements sont destinés uniquement aux personnes à faible revenu. Chaque résident à faible revenu bénéficie d’une aide financière ajustée à sa situation et certaines personnes payent aussi peu que 200 $ par mois pour se loger. De plus, des services comme la préparation des repas, la distribution des médicaments, des visites régulières d’une infirmière du CLSC et un système de sécurité à l’entrée sont offerts aux résidents. En moyenne, le prix total du loyer et des services (avant les aides financières) revient à 1400 $ par mois. Tous les services et employés de la résidence sont gérés par la Coopérative de services à domicile Lac-Saint-Jean-Est – une entreprise d’économie sociale en aide à domicile. Le conseil d’administration de la résidence s’occupe du bâtiment, de l’accompagnement et de la supervision des fournisseurs, ainsi que des activités de loisirs. La Résidence Gérard-Blanchet a aussi établi un solide partenariat avec le centre communautaire situé juste à côté, ce qui permet d’améliorer la qualité de vie des locataires !

« L’insonorisation est impeccable ! En plus, chez moi et dans les couloirs, les poutres de bois sont visibles et créent une ambiance chaleureuse. Ça rappelle les vieilles maisons du Québec! »
– Un résident.

 

Au premier regard, le bâtiment est surprenant avec son imposante charpente entièrement faite de bois. Remarquablement bien conçu par l’architecte Christian Côté, le bâtiment est visité chaque année par des étudiants en ingénierie. Contrairement au mythe persistant, le bois est très sécuritaire en cas de feu et il a aussi été démontré qu’un bâtiment en bois permet de grandes économies en termes d’efficacité énergétique. De plus, selon l’ingénieur qui a évalué la résidence, la charpente de bois en lamellé-collé du bâtiment offre une bonne résistance aux tremblements de terre. Ce choix architectural est magnifique et est grandement apprécié par les résidents.

« On aimerait agrandir l’espace commun et engager une personne pour animer et organiser des activités. »
– Claude Turcotte, président du conseil d’administration

À court terme, afin de répondre aux besoins de la population, la résidence souhaite ajouter au moins trois nouveaux logements. Le conseil d’administration veut également ajouter un nouvel espace commun et la Ville de Desbiens s’engage à construire une extension à l’arrière de la résidence lorsque le commerce avoisinant le terrain aura déménagé. Présentement, la salle principale au rez-de-chaussée intègre à la fois un espace commun et la salle à manger avec les tables près de la cuisine. Les résidents disposent gratuitement de cette salle commune pour organiser leurs événements.

« Si un ou une résidente devient plus ‘’lourde’’, c’est au réseau public de la prendre en charge. »
– Claude Turcotte, président du conseil d’administration

En dépit du vieillissement de la population du Québec, l’offre des services du réseau de la santé ne semble pas s’ajuster, le gouvernement choisit plutôt de faire pression sur les résidences pour qu’elles prennent la relève. Cependant, le conseil d’administration de la résidence Gérard-Blanchet ne veut pas modifier son statut pour personnes semi-autonomes et devenir par le fait même un « petit hôpital ». Par exemple, si on incluait des soins invasifs dans l’offre de services, la présence de plusieurs infirmières à l’interne se traduirait notamment par la hausse des loyers et un surplus de travail pour les membres bénévoles du conseil d’administration. Le président du conseil d’administration s’inquiète de la situation. Selon lui, le gouvernement provincial n’investit pas suffisamment d’argent public dans de nouvelles infrastructures locales pour désengorger le système.

Chaque année, l’OSBL d’habitation doit rendre compte des services à l’ensemble de ses membres, c’est-à-dire à la population de la municipalité, et tout le monde est admissible à siéger au conseil d’administration. Contrairement aux résidences privées à but lucratif, ce modèle communautaire est beaucoup plus résilient dans le temps et répond avant tout à un besoin prioritaire de la communauté.

Une construction innovante

Les panneaux en bois lamellé-croisé sont communément désignés par l’abréviation anglaise CLT (pour Cross Laminated Timber) ou panneaux en bois massif. Ces panneaux sont constitués de plusieurs couches de planches de bois d’œuvre empilées perpendiculairement et jointes à l’aide d’adhésifs structuraux. Ce procédé permet de produire des composants aussi résistants, mais plus légers, que le béton. Bien qu’il soit originaire d’Europe, le CLT est un matériau de plus en plus utilisé en Amérique du Nord.

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