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HABITATIONS DES REQUÉRANTS ET REQUÉRANTES DE LAVAL

UNE PERSPECTIVE D’ENTRAIDE COLLECTIVE

Construit en automne 1994, ce projet prend racine dans les revendications de groupes militant pour la construction de logements sociaux et la défense des droits, notamment des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Une histoire de lutte

Il faut chercher les origines du projet des Requérants et Requérantes dans les années 1970 et 1980. À cette époque, l’ACEF Laval (Association coopérative d’économie familiale de Laval) qui milite pour le droit de vivre sans s’endetter, offre divers services gratuits aux personnes vulnérables économiquement. Ses activités se concentrent sur l’éducation, le regroupement et la défense des intérêts de la population dans tous les aspects de la consommation et de l’endettement.

Localité Laval, 401 000 habitants
Fondation 1993
Nombre d'unités 16 logements
Clientèle visée Personnes à faible revenu, personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, familles monoparentales
Employés 3, temps partiel
Partenaires financiers SHQ, SCHL
Fédération FOH3L

portraits_requerants4_rondesDurant la même période, une coalition de groupes populaires de Laval (Association pour la défense des droits sociaux, Comité logement, Association Parents Unique), défendant les valeurs de justice sociale et de solidarité, forme le Comité des Requérantes et des Requérants pour revendiquer la construction de logements sociaux à Laval. Ce projet est mis de l’avant par le FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain) au niveau provincial. Mettant en lumière le très faible taux d’HLM, coopératives et OSBL d’habitation sur le territoire, les groupes interpellent les pouvoirs publics municipaux par des manifestations et des occupations.

« Le Comité des requérants et requérantes a été formé pour réfléchir, discuter et débattre politiquement sur la situation du logement social à Laval », explique Claude Gingras, qui fut coordonnateur de l’ACEF durant une quinzaine d’années, et qui habite toujours le bâtiment.

portraits_requerants3_rondesEn mai 1985, l’ACEF de Laval publie la première édition de son journal qui retrace cette histoire engagée. Ce journal paraîtra à 23 reprises jusqu’à l’automne 1990.

En dépit de difficultés organisationnelles, l’ACEF continue ses activités de mobilisation et de soutien aux populations. Parallèlement, après avoir formulé quatre demandes à la SHQ (Société d’habitation du Québec), l’organisme obtient une subvention pour commencer la construction des Habitations des Requérants et Requérantes de Laval. Avec l’aide du GRT (Groupe de
ressources techniques), cette dernière totalisera 1 million de dollars.

portraits_requerants2_rondes« Du monde pauvre avant tout »

Quelques mois plus tard, les locataires font leur entrée dans l’OSBL d’habitation, dont l’objectif est d’accueillir des ménages à faible revenu et des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

« C’est avant tout du monde pauvre. D’ailleurs, pour la demande à la SHQ, la faiblesse du revenu comptait pour 35 points. Les problèmes de santé mentale, c’était 5 points seulement. »

« Nous avons décidé de construire un OSBL-H et pas une coopérative qui implique que les locataires s’occupent de l’entretien, en plus de la gestion. Pour des personnes aînées et aux prises avec des problèmes de santé mentale, c’était trop compliqué »

Dans l’OSBL-H, les locataires forment des comités et s’impliquent dans la gestion de l’immeuble. Des sorties de mobilisation sont régulièrement organisées (par exemple, pour la défense de l’aide sociale et des droits en santé mentale). Durant de nombreuses années, M. Gingras accueille la vingtaine de membres locataires dans sa cuisine lors des assemblées générales, deux ou trois fois par an. Les discussions sont toujours politiques, mais concernent aussi la perception des loyers, dans une perspective d’entraide collective.

« Les problèmes de loyer impayé se géraient au cas par cas. Nous étions contre l’expulsion de locataires lors de ma présidence du Conseil d’administration. Moi, j’étais persuadé qu’on était capable de gérer ça »
– Claude Gingras, locataire

portraits_requerants1_rondesLes huit premières années, le CA est composé à majorité de locataires et, pour les appuyer dans la gestion, de deux membres extérieurs (un travailleur social et un avocat). Depuis 2005, d’autres membres extérieurs se sont ajoutés et deux locataires y sont aujourd’hui présents.

Un intervenant de soutien en milieu communautaire assure une présence quelques heures chaque semaine. Il est employé par la FOH3L (Fédération des OSBL d’habitation de Laval, Laurentides et Lanaudière), avec une subvention du CISSS (Centre intégré de santé et de services sociaux). De plus, outre la clinique d’impôt et le projet bonne boîte bonne bouffe (livraison de paniers de légumes et fruits à faible coût), des activités de divertissement sont organisées pour les locataires (cabane à sucre, barbecue estival, épluchette de blé d’Inde, souper de Noël…).

« Le défi aujourd’hui est de maintenir la participation des locataires plus de 20 ans après le début du projet »
– Simon Farago, intervenant de la FOH3L

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