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Publication : Octobre 5, 2017 | Mise à jour : Octobre 5, 2017

Table de concertation locale pour personnes âgées du Témiscamingue

PAR ET POUR LES AÎNÉS, AU SERVICE DU BIEN-ÊTRE DE LA COMMUNAUTÉ

La Table de concertation locale pour personnes âgées du Témiscamingue (TCPAT) gère et administre trois résidences pour aînés situées à Ville-Marie, la capitale du Témiscamingue de 2500 habitants : Lucien-Gaudet (18 logements pour aînés autonomes), Marguerite d’Youville (32 logements pour aînés en perte d’autonomie), et le Court Séjour (6 chambres).

Localité Ville-Marie, 2500 habitants
Fondation 1999
Nombre d'unités / Phases 58 logements / 3 phases
Clientèle visée aînés autonomes, semi-autonomes et en perte d’autonomie
Employés 29
Partenaires financiers SHQ, CSSS, municipalités du Témiscamingue
Fédération RQOH

Des arbres fleuris accueillent les visiteurs de la résidence Lucien-Gaudet : « Ils nous ont été donnés par des résidents ou leur famille, pour qu’on se souvienne qu’un de leurs membres a logé ici » raconte la directrice de la Table, organisme incontournable dans cette MRC rurale peu peuplée.

Lieu de démocratie et d’empowerment, la TCPAT rassemble les aînés depuis maintenant 35 ans. Elle est composée de comités locaux, présents dans chaque municipalité du Témiscamingue, qui apportent un soutien à leurs concitoyens. Fonctionnant à l’origine avec un budget de quelques centaines de dollars par année, l’organisme a développé à la fin des années 1990 une entreprise d’économie sociale d’aide à domicile (EÉSAD) qui dessert toute la région du Témiscamingue, passant ainsi de 5 à 70 employés en quelques années. Ces services lui ont permis de développer l’offre de logements communautaires, jugée essentielle pour permettre à la population vieillissante de demeurer au Témiscamingue dans des résidences abordables, sécuritaires et conviviales.

Le Court Séjour, en plus d’offrir un service de répit et de dépannage pour les proches aidants, accueille des aînés autonomes en attente d’un hébergement permanent. Cependant, il arrive que des aînés y demeurent pendant six mois ou même un an, car la liste d’attente est longue pour obtenir un logement dans les résidences communautaires : 70 noms pour Lucien-Gaudet, et même 130 pour Youville ! Cela reflète un besoin grandissant dans la région rurale et vieillissante du Témiscamingue.

L’art comme vecteur de vivre-ensemble
Dans les résidences gérées par la TCPAT, l’art est à l’honneur, et ça se voit !

« Des artistes locaux ont passé 40 heures à rencontrer les résidents, puis à peindre leurs plus beaux souvenirs sur les murs des couloirs. À Youville, ce sont des céramiques, qui ont été fabriquées en atelier avec les aînés. »
– raconte la directrice Edith Vincent avec émotion

La forêt, la campagne, les conserves en hiver, la danse, la religion, le mariage… les souvenirs embellissent les murs d’un chez-soi chaleureux et réconfortant.

« On essaie de donner le plus possible à nos résidents…
lorsque l’un d’eux décède, on ajoute sur le mur une marguerite en céramique, pour le souvenir. »

Les trois résidences sont truffées de petites attentions en l’honneur des locataires. La grande terrasse de la résidence d’Youville, qui n’était pas prévue à l’origine, a été ajoutée à la demande d’une locataire. Malheureusement, elle est décédée trois jours seulement avant son inauguration… ainsi, la terrasse porte désormais son nom.

Sur le mur de la salle de jeux, l’arbre de vie bourgeonne : c’est le printemps ! Il est décoré au fil des saisons, ce qui permet aux aînés touchés par des pertes de mémoire de se situer dans l’année. Les résidences offrent trois repas par jour et toutes sortes d’activités aux locataires : du jardinage, du sport, une bibliothèque, des jeux… À Lucien-Gaudet, les locataires autonomes peuvent faire leur propre ménage et leur propre lavage. De plus, une coiffeuse assure une permanence une fois par semaine.

Gérer la perte d’autonomie en offrant des services adaptés
À Youville, où les résidents sont en perte d’autonomie, les préposées aux bénéficiaires peuvent donner des soins et des bains, grâce à une entente avec le réseau de la santé. Une infirmière auxiliaire est présente tous les jours pour compléter l’offre de soins, ce qui permet aux personnes âgées de rester plus longtemps dans la résidence, plutôt que d’aller au CHSLD. Ce projet d’infirmière en résidence, baptisé « projet novateur », a été lancé par le MSSS en 2008-2009 et s’est prolongé par une entente qui permet au réseau d’économiser les frais de déplacement, et à la résidence de prolonger le séjour de ses locataires.

L’offre de soins est assurée par le réseau de la santé en collaboration avec l’OSBL, de façon ponctuelle dans la résidence Lucien-Gaudet (autonomes), et quotidienne à Youville (perte d’autonomie). Cette dernière offre même des soins palliatifs, à la seule condition que les familles restent dormir la nuit. Quant aux préposées aux bénéficiaires, elles sont présentes 24/7 dans les trois résidences. Au Court Séjour, elles travaillent deux jours par semaine, mais chaque fois pendant 24 heures d’affilée.

« C’est l’idéal pour moi, se réjouit une préposée. J’arrive le matin et je repars le lendemain à la même heure. »

À Gaudet, la préposée est présente sept soirs d’affilée, puis dispose de 16 jours de congé. Cette organisation permet la présence d’employées en tout temps en cas de problème, tout en permettant aux employées de bénéficier de longues périodes de repos. D’ailleurs, parmi ceux et celles travaillant dans les résidences et l’EÉSAD, la moitié a plus de 5 ans d’expérience, avec parfois 10, 15 ou 20 ans d’ancienneté.

« Mon travail est de faire mon possible pour retarder au maximum l’envoi à l’hôpital de la personne, explique l’infirmière auxiliaire, au moment de faire sa tournée de visites à Youville. Parce qu’à l’hôpital, tu n’es pas une priorité. Tu attends pendant des heures avant de voir un médecin volant aux urgences. » L’infirmière, en poste depuis peu à la résidence à la suite du départ à la retraite de sa prédécesseure, a exercé une dizaine d’années à l’hôpital.

« Venir travailler ici était une décision vraiment réfléchie. La pratique est très différente par rapport à celle en hôpital, où les soins sont en continu. À la résidence, c’est selon les besoins. »

35 ans de contribution à la bientraitance et au bien-être des aînés
La préposée à l’animation occupe également ce poste depuis peu pour remplacer un départ à la retraite.

« J’espère rester longtemps ! J’aime tellement ça ici, c’est valorisant. On ne peut pas dire que ce soit un travail comme les autres, s’enthousiasme-t-elle. J’essaie de faire une petite activité manuelle l’avant-midi, et l’après-midi quelque chose de plus relaxant : jeu de mémoire, bingo, atelier de musique… »

La musique est en effet au cœur des activités de la résidence depuis peu, car pour les 35 ans de la Table, un étudiant en musique a été recruté afin qu’il monte une chorale. Aussi, un atelier sur les instruments d’hier et d’aujourd’hui est sur les rails. Sans parler des échanges intergénérationnels avec l’école et les garderies toutes proches, tels que la visite d’une ferme ou les fêtes d’Halloween et de Noël.

« J’ai plein d’idées, raconte la directrice, mais je n’ai pas le temps de les mettre en œuvre… alors je trouve les personnes pour ça ! »

Fait à noter : en 2009, la MRC du Témiscamingue devient la toute première à recevoir des mains de la ministre responsable des Aînés le certificat de reconnaissance « Municipalité amie des aînés », une initiative mise en place depuis par de plus en plus de municipalités du Québec. Nul doute que la TCPAT, dont le travail était déjà reconnu et prisé, a contribué à cette reconnaissance passée et présente ! Ainsi, en juin 2017, la Table fêtait ses 35 ans de contribution à la bientraitance et au bien-être des aînés, un événement qui a rassemblé plus de 300 personnes et pour lequel toutes les municipalités partenaires du Témiscamingue se sont déplacées.

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